Les blessures d’enfance sont au cœur de nombreuses interrogations actuelles en psychologie et en développement personnel.
De plus en plus d’adultes se demandent : « Est-ce que j’ai, moi aussi, des blessures d’enfance ? », ou encore : « Pourquoi certaines émotions reviennent sans que je sache vraiment d’où elles viennent ? »
La réponse est simple, mais profonde : Oui, nous avons tous des blessures d’enfance.
Pas au sens “traumatisme grave”, mais sous forme de traces émotionnelles, de manques, de peurs, ou de modèles relationnels appris trop tôt.
Cet article vous aide à mieux comprendre ce que sont réellement ces blessures, comment elles se créent, comment les reconnaître et surtout comment commencer à les apaiser.
Pourquoi a-t-on tous des blessures d’enfance ?
L’enfance est une période où notre cerveau est en pleine construction.
Chaque mot, chaque regard, chaque silence, chaque séparation, chaque encouragement ou absence d’encouragement… tout s’imprime profondément.
Comme je répète à toutes les personnes que je reçois au cabinet, il ne s’agit pas de “juger” les parents car tous font comme ils peuvent mais plutôt de reconnaître que :
L’enfant interprète tout.
Et il interprète avec son degré de maturité de l’époque, souvent bien différent de la réalité.
Ainsi, même dans des familles aimantes, il peut y avoir :
-
des malentendus émotionnels (se sentir de trop, pas assez, différent)
-
des manques involontaires (disponibilité limitée, stress des parents, naissance d’un autre enfant)
-
des situations marquantes (déménagement, maladie, conflits, harcèlement scolaire)
-
des non-dits qui laissent l’enfant seul avec ses questions
Ces petites fissures émotionnelles deviennent plus tard des blessures d’enfance, qui influencent nos façons d’aimer, de réagir, de nous protéger.
Quelles sont les blessures d’enfance les plus fréquentes ?
Les spécialistes identifient plusieurs catégories, mais voici les cinq blessures les plus courantes :
1. La blessure d’abandon
Elle naît quand l’enfant se sent seul, délaissé ou non rassuré.
À l’âge adulte, cela peut donner souvent une peur de la solitude, de la dépendance affective, un besoin de fusion.
2. La blessure de rejet
Elle apparaît lorsque l’enfant se sent “en trop”, “pas voulu” ou “pas à la hauteur”.
Plus tard on peut retrouver de l’auto-dévalorisation, du perfectionnisme, des difficultés à s’affirmer.
3. La blessure de trahison
Elle survient lorsque la parole donnée n’est pas tenue, ou lorsqu’un enfant se sent trahi dans sa confiance.
À l’âge adulte, vous verrez souvent de l’hyper-vigilance, de la jalousie, la peur de dépendre de quelqu’un.
4. La blessure d’injustice
Lorsque l’enfant se sent incompris, puni injustement, comparé ou non reconnu dans ses efforts.
Adulte, il y aura très probablement de la rigidité, un besoin de contrôle, une hypersensibilité à la critique.
5. La blessure d’humiliation
Elle survient lorsque l’enfant est rabaissé, moqué, ou mis dans des situations qui dépassent ses limites.
À l’âge adulte, on trouve très fréquemment de la honte, des difficultés à se montrer, la peur du ridicule.
Nous avons rarement une seule blessure.
La plupart des gens en portent deux ou trois principales, qui se réactivent dans certaines situations.
Comment savoir si nos blessures d’enfance sont encore actives ?
Les blessures de l’enfance se reconnaissent moins dans les souvenirs… que dans nos réactions aujourd’hui.
Elles s’expriment souvent par :
-
des émotions “trop fortes” par rapport à la situation
-
des réactions automatiques (se fermer, fuir, s’énerver, se sur-adapter)
-
des schémas répétitifs en amour, au travail ou en amitié
-
une difficulté à se sentir pleinement soi-même
-
un sentiment de vide, de doute, ou d’être “à côté de sa vie”
Une phrase peut révéler beaucoup :“Je sais que ce n’est pas rationnel, mais je n’arrive pas à faire autrement.”
C’est typique d’une blessure encore vivante.
Faut-il absolument “revivre” le passé pour guérir ?
Bonne nouvelle : non.
On n’a pas besoin de tout comprendre ou de tout analyser.
Ce qui guérit surtout, c’est :
-
remettre de la sécurité là où il y a eu de la peur
-
remettre de la douceur là où il y a eu du manque
-
remettre de la compréhension là où il y a eu du silence
-
remettre de la liberté là où il y a eu du contrôle
Avec l’hypnose, l’EMDR ou d’autres thérapies, on peut revisiter ces zones sensibles en douceur, sans revivre la souffrance.
C’est la rencontre entre l’adulte que nous sommes et l’enfant que nous avons été qui répare.
Peut-on vraiment guérir de ses blessures d’enfance ?
Oui, absolument. On ne “supprime” pas une blessure, on l’apaise, afin que :
-
la blessure ne dirige plus nos choix
-
les émotions deviennent proportionnées
-
les relations deviennent plus simples
-
la confiance et l’estime se renforcent
-
l’intérieur devient plus calme, plus stable
La guérison, c’est quand on cesse de réagir comme un enfant blessé et qu’on commence à répondre comme l’adulte que l’on devient.
Alors, a-t-on tous des blessures d’enfance ?
LA RÉPONSE EST OUI 🙂
Mais nous n’avons pas tous les mêmes.
Et surtout, nous n’en subissons pas tous les effets avec la même intensité, car cela dépend :
-
de notre environnement
-
de nos rencontres
-
de nos ressources internes
-
et de la façon dont nous avons compensé, consciemment ou non
L’essentiel est de comprendre qu’avoir des blessures n’est pas un échec et encore moins une fatalité.
C’est le point de départ d’un travail profond, puissant et libérateur.
Conclusion : Les blessures d’enfance ne sont pas une faiblesse, mais une invitation
Elles ne disent pas qui nous sommes.
Elles racontent ce que nous avons traversé, ce que nous avons interprété, et ce que nous avons appris pour survivre.
Elles ne nous condamnent pas :
elles nous appellent.
À nous comprendre, à nous apaiser, à nous reconstruire.
Parce qu’au fond, derrière chaque blessure d’enfance, il y a toujours… un besoin d’amour qui attend d’être entendu, c’est essentiel de le comprendre !





